Trilby, ou le lutin d’Argail . Les « couleurs merveilleuses » d’un conte d’artiste

Caroline RAULET-MARCEL

Université de Bourgogne, Centre Pluridisciplinaire Textes et Cultures

Résumé

Connu pour son intérêt pour le merveilleux, Nodier s’est également rendu célèbre pour l’invention de ses propres contes. Il était souvent qualifié d’« artiste » par ses contemporains qui louaient son art des nuances, proprement pictural. Nodier a ainsi contribué au renouvellement du régime classique de la représentation en décrivant une nature changeante au gré du temps, changeante aussi au gré de ses propres impressions. Premier conte de Nodier, Trilby est ainsi nourri par sa fascination pour l’Écosse. Le merveilleux naît ici de la transmutation sensible des paysages écossais et de leurs légendes. La proximité, aux yeux de la postérité, entre Nodier et Trilby – tous deux figures de la création poétique – participe, elle aussi, à faire de Trilby un conte d’artiste.

Mots clés : description, merveilleux, Nodier, peinture, Trilby.

Abstract

Interested in the literature of the marvelous, Nodier, became also famous for inventing his own fairy tales. Contemporaries appreciated Nodier’s style for its pictorial nuances and considered him as an « artist ». Nodier's descriptions of nature as it changed over time and through the filter of his own impressions contributed to a renewal of classical regime of representation. In Trilby, Nodier’s first fairy tale, the tableaux of the story are based on the author’s fascination for the Scottish countryside and its folk tales. Nodier’s version of the marvelous is based on the sensitive transmutation of Scottish landscape and legends. Both Nodier and Trilby are remembered as figures of poetic creation, a legacy that makes Trilby a literary fairy tale.

Keywords : description, marvelous, Nodier, painting, Trilby

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Trilby, gravure de Tony Johannot, 1859