Henri Pourrat, Alix de Lachapelle d’Apchier et Marie-Aimée Méraville : poétique du terroir dans le conte Plampougnis

Bochra CHARNAY

Univ. Lille, ULR 1061 - ALITHILA - Analyses Littéraires et Histoire de la Langue F-59000 Lille, France

Résumé

Déjà au XIXe siècle, Paul Sébillot considérait que l’Auvergne avait une situation géographique privilégiée facilitant la conservation de la littérature orale, ce que confirma plus tard Henri Pourrat par la richesse de sa collecte qui dura plus de cinquante ans, nécessita treize années d’écriture, le tout publié en treize volumes dans Le Trésor des contes. Il recueillit un millier de contes, près de quatre cents chansons, quantité de légendes et de proverbes en parcourant les montagnes autour d’Ambert où il naquit. Il en encouragea d’autres à s’occuper de ce patrimoine, notamment Alix de Lachapelle d’Apchier, et Marie-Aimée Méraville dont il fut l’ami et l’initiateur, qui publièrent toutes deux des contes.

Notre propos consiste à mettre en évidence la démarche scripturale et les processus de textualisation par lesquels ces trois auteurs, réunis par leur attachement à l’Auvergne, s’approprient des ethno-contes et les transforment en contes d’auteurs, diffusables au-delà des limites géographiques et linguistiques de leur territoire commun. Chacun à sa manière tend vers un texte littéraire où la langue est poésie mais qui demeure fidèle à son énonciateur premier, le paysan. Nous mettrons en évidence la poétique terrienne en œuvre dans l’écriture littéraire des contes de ces trois auteurs à travers le texte qui leur est commun « Plampougnis », correspondant au « Pouçot » de la classification internationale (ATU 700). Nous nous attacherons aux traits d’oralure des textes ainsi qu’aux jeux permanents entre la langue du terroir et la langue lettrée.

Mots clés : ethno-conte, Pouçot, littérarisation, Auvergne, patrimoine, poétique du terroir, oralure

Abstract : Henri Pourrat, Alix de Lachapelle d’Apchier and Marie-Aimée Méraville : Poétics of the land in the tale Plampougnis

As far back as the 19th century, Paul Sébillot considered that the Auvergne had a privileged geographical location that facilitated the preservation of oral literature. This was later confirmed by Henri Pourrat, who collected a wealth of tales over a period of more than fifty years, requiring thirteen years of writing, all of which was published in thirteen volumes in Le Trésor des contes. He collected a thousand tales, nearly four hundred songs, and a host of legends and proverbs as he roamed the mountains around Ambert, where he was born. He encouraged others to take an interest in this heritage, notably Alix de Lachapelle d'Apchier and Marie-Aimée Méraville, for whom he was the initiator and the friend, both of whom published tales.

Our aim is to highlight the scriptural approach and textualization processes by which these three authors, united by their attachment to the Auvergne, appropriate ethno tales and transform them into authors' tales that can be disseminated beyond the geographical and linguistic limits of their common territory. Each in his own way tends towards a literary text in which the language is poetry but which remains faithful to its primary enunciator, the peasant. We will highlight the poetics of the land at work in the literary writing of these three authors' tales through the text they have in common, “Plampougnis”, which corresponds to “Pouçot” in the international classification (“Tom Thumb”, ATU 700). We will focus on the oral features of the texts (“oralure”) as well as the playfulness of the language of the terroir and the literate language.

Key words : ethno-tale, Pouçot, literarisation, Auvergne, heritage, poetics of the land, oral features (“oralure”)

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Vue d'Ambert, F. Angeli